lundi 24 octobre 2016

Interview de la Nouvelle République avec Cécile Jonathan

Cécile Jonathan (PS) : " Je ne vais pas au conseil pour faire le spectacle " 

La Nouvelle République - 22/10/2016 
 
Chef de file de l’opposition socialiste au conseil municipal, Cécile Jonathan défend une position “constructive et regarde vers 2020.

Cécile Jonathan, quel regard portez-vous, avec le recul, sur la défaite de 2014?
« Perdre, ce n'est jamais agréable. Mais c'est la vie démocratique. La défaite aux élections départementales a aussi été difficile. Mais surtout, nous avons vécu la disparition tragique de Jean Germain, un moment dur pour le groupe.
Aujourd'hui, nous sortons de cette période de convalescence et nous travaillons pour l'avenir. »

Comment vous sentez-vous dans ce costume d'opposante?
« Nous avons mis en place un bon fonctionnement de groupe. Un groupe actif, qui travaille pour créer le débat, poser des questions au conseil municipal afin d'obtenir des réponses pour la population. Nous ne sommes pas une opposition bête et méchante. "  La politique ce n'est pas la guerre", comme le disait Jean Germain. Nous ne sommes pas là pour "emmerder" la majorité, comme ils semblent le penser, ni pour bloquer les choses. Une bonne idée n'appartient à personne. »

Comment trouvez-vous l'attitude de la majorité actuelle?
« Il y a une certaine suspicion de leur part quant à nos questions. Je ne vais pas au conseil pour faire le spectacle. Nous posons des questions mais nous n'obtenons pas de réponse au sens démocratique, avec des éléments précis. Cela donne une mauvaise ambiance, tout ce que les gens n'aiment pas en politique.
Si le calendrier des commissions était respecté, comme à l'Agglo, nous pourrions y assister plus facilement, donc éviter de poser des questions inutiles au conseil. »

Comment travaillez-vous au sein du groupe Tours2020? Vu de l'extérieur, nous avons parfois le sentiment que tout le monde veut parler, même sur un même sujet?
« Je m'étonne de cette remarque. Au contraire, tout en conservant une liberté de parole pour chacun, nous travaillons ensemble sur les dossiers, nous définissons ensemble les sujets d'intervention de chacun. Ensuite, chaque membre est libre de dire ce qu'il veut. Mais, en effet, il peut arriver que plusieurs membres du groupe interviennent sur une même question: toujours pour obtenir plus de réponse de la majorité. »

Et avec les autres groupes d'opposition de gauche?
« Ce n'est pas toujours facile avec les emplois du temps de se voir, mais avant chaque conseil nous échangeons par mail sur les dossiers et les questions que nous poserons. »

Quels sont les sujets municipaux qui vous préoccupent?
« Les difficultés des associations, pas seulement financières, mais dans les relations avec la Mairie; les relations sociales au sein de la Mairie. C'est d'ailleurs le thème de notre prochaine tribune dans le magazine municipal. »


Repères

> Cécile Jonathan a connu son premier mandat en 1995, aux côtés du socialiste Jean Germain, qui venait de remporter la mairie.

A 22 ans, elle est nommée au poste d'adjointe en charge de la petite enfance, de la jeunesse et centres de loisirs. Une fonction qu'elle a occupée pendant les deux mandats suivants. « La petite enfance est un domaine de compétences facultatif dans notre pays. Mais pour moi, cela a toujours été quelque chose d'important, qui touche tout le monde. Je me suis battu pour défendre cette réalité. »

En 2014, quand Jean Germain brigue un quatrième mandat, Cécile Jonathan figure en deuxième place sur la liste. « J'ai rencontré Jean (Germain) pour lui expliquer que je ne voulais plus de poste d'adjointe mais que je souhaitais m'investir en tant qu'élue dans l'agglomération. » Quand la défaite est connue, elle décide de siéger dans l'opposition. « Jean a dit qu'il se retirait. En qualité de deuxième de liste, je me devais d'être là. »

Propos recueillis par Samuel Magnant

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